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L’école laïque en 2008
Le ministre de l’éducation vient de déposer le projet de loi 95 qui prévoit de mettre un terme dans trois ans à l’enseignement religieux dans les écoles primaires et secondaires du Québec. Il répond ainsi positivement à la demande manifestée par nombre d’associations, et se range à l’avis de la majorité des québécois.
Notre communauté peut-elle se réjouir de pareille décision ? Nous pensons qu’il existe au moins deux motifs qui nous incitent à être satisfait.
D’abord, sur le plan des principes, les clauses dérogatoires, qui écornent les droits et les libertés des citoyens reconnus dans la Charte, ne pouvaient, de par leur vocation transitoire, être reconduites indéfiniment sans affaiblir l’état de droit. Ceci dit, le gouvernement aurait pu choisir de tirer plus sur l’élastique pour satisfaire les groupes conservateurs avec un coût politique réduit. Il ne l’a pas fait. C’est un point positif.
Ensuite, sur un plan pratique et non moins fondamental, cette situation créait de facto une discrimination positive en faveur des religions catholique et protestante. Les enfants issus de l’immigration qui sont de confession musulmane ou juive se retrouvaient dans une école qui se doublait d’une église, mais où il n’y avait nulle trace de mosquée ou de synagogue. À cette aune, l’école ne jouait plus son rôle d’espace d’intégration, les jeunes musulmans ou juifs étant rangés à la marge. La décision du ministre d’éliminer cette discrimination va entraîner l’élimination de cet effet non désiré. Donc, un autre point positif à souligner.
Reste maintenant l’avenir. Les cours optionnels offerts (religion et morale) jusqu’en 2008 vont être remplacés par de nouveaux cours. Nous devrions veiller à ce que le traitement des diverses religions se fasse sur une base équilibrée et éclairée. Dossier à suivre. MLM 4 mai 05
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